MES PLAIE

Je traque
Mes plaies sanguignolantes
Comme une leucémie

Une somnabule
À qui on a coupé les cordes vocales
Se plaint
(et comment)

Je suis de la viande
Sous toutes ses coutures
C'est le cas de le dire (cicatrices)
Il pleuvra cet été
Je l'èspère
Sinon les souvenirs viendront m'envahir
Et mes pensements aussi
J'y repense
Et j'ai l'hépatite qui sombre
Et qui coule
Un Titanic de cerveau
Une tyrannie de cercelle
Avec des marées bipolaires
Et des pôles Bordelines

PROÉSIE
TRAINTINIÈRE

Les dormantes polies
de pisse passagère
Les forêts sculptées
de vent et d'épée
Foisonnent la moisson morne
ou dorment les saisons

L'étranger perplexe
reflet du paysage
S'avance vers l'inconnue
qui lui, sourit
La mer, seule source d'horrizon
Apaise le focus occupé
de mes yeux incultes

Le train s'embarque vers le large
Clair et voyant
la traversée venir
Il retient son souffle de soupir

Les albatros anonymes
pantins du vent
Se glissent
dans la brise du navire
Paresseusement vers la côte hôte

L'arrivée les amarres en ont marre
et nous jettent par dessus bord

La mort sera douce et salée


(Quelque part sur la route
en Europe de l'est)

LES CHAÎNES

Obscures chaînes
attachent les âmes
Aveugle est
le bout du chemin
Figures pleines
de haine et d'armes
Qui empêchent l'être
de faire son destin

Une larme qui coule
parcourt son chemin
Une voie de couleur,
d'amour et de tristesse
Tombant dans l'abîme
profond du chagrin
Endroit ou les hommes
connaissent leur faiblesse

Frontières de violence
divisent la terre
Des fleuves de sang
envahissent la mer
Des hommes ignorants
qui fabriquent la guerre

Espéces de bâtard!!
Vous tuez notre mère...